Sacré bon sang de bonsoir, mon Pierrot, on s’est bien fait avoir dans notre jeune temps quand on nous a envoyés à la chasse au dahut.

Rappelle-toi mon compagnon, notre chef scout, il nous avait expliqué longuement que c’était un animal fabuleux qui avait deux pattes plus courtes sur le même côté pour lui permettre de courir sur le flanc des collines.

Et nous, on s’était extasiés en trouvant que la nature fait rudement bien les choses … Ce mâtin de blagueur avait ajouté que, pour arriver à l’attraper, c’était point difficile du tout. Il fallait lui faire la chasse la nuit, et uniquement la nuit, car il détestait la lumière du jour. Il suffisait de partir à sa recherche sans faire de bruit et, quand on l’avait débournigé , de le saisir par les oreilles, et de lui faire faire demi-tour. L’animal devait se trouver ainsi déséquilibré et il ne restait plus alors qu’à le mettre dans un sac.

C’est quelques années plus tard qu’on a su que nous étions bien jac’-dalles de nous être fait avoir et que le dahut n’existait pas. Mais on avait bien ri avec cette invention-là …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *