Catégorie : L’Anjou d’antan

L’herbe « à adirer »

On croyait dans le temps anciens, dans le Baugois, qu’il était maléfique de mettre le pied sur une herbe malfaisante dite « à adirer ». D’autant plus que quoi qu’on ait voulu faire, il était impossible de l’éviter. Histoire pour convaincre les sceptiques :

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Bianche-Nige et les sept naguezins

« Il’tait ein’ foés ein roé et ein’ reine. Le roé pis la reine ieurent ein effant.

C’tait ein’ feille. La princeresse était raid’ belle. Alle avait de p’tits lippereaux rouges coum’des s’rèses et des ch’veux nais. Alle avait la piau souève et bianche.

Le roé et la reine appelèrent leux effant Bianche-Nige.

Ein jour, la reine serra du mal. A quercit ein moés pus tard. Tertous el monde qui restaient en’l’pé la chemichèrent, à cause qu’all’tait ein’ boun’ reine. Queuques années par-après, le roé choésit eine outer’ marraine qui tomba reine ou sieun d’tour. Quelle femme avait gobé ein miroé ensabbaté qui savait causer. Quand qu’a li d’mandait :  » Miroé, oh mon miroé, qui qu’é la pus belle marraine du pé ? « , l’miroé réponait terjous que c’tait  ielle la pus belle. S’ment Bianche-Nige proufitait, s’faisant d’pus en pus belle. Enriére, l’miroé çartifiait côr qu’la reine était la pus belle du pé. Mentié-ben, ein jour, l’miroé répona outerment… »

Les loups-garous

Ces êtres extraordinaires étaient des individus que l’Eglise, en punition de leurs péchés et de leurs fautes contre la religion, condamnait à errer pendant un temps déterminé, métamorphosés en bêtes. Parfois en chiens, chats ou moutons, mais le plus souvent en loucs. Leur peine commençait à la tombée de la nuit et prenait fin à l’aube. Épuisant …

Les loups-garous entamaient donc leur course vagabonde tous les soirs à la même heure, au crépuscule, soit isolément, soit par groupes. Ils étaient astreints, les pauvres, à traverser chaque nuit le territoire de sept paroisses, jusqu’à l’expiration de leur peine. Au point du jour, ils reprenaient forme humaine et ne conservaient bizarrement aucun souvenir, ni de leur métamorphose ni de leur équipée nocturne.

Pour faire cesser le maléfice, la solution paraît toute simple mais pas facile en réalité à appliquer. Il fallait frapper ces êtres très particuliers pendant leur transformation en animaux, et leur faire répandre une goutte de sang. Ils reprenaient immédiatement, et avec un soulagement non déguisé, leur forme humaine.

Où est le dahut ?

Sacré bon sang de bonsoir, mon Pierrot, on s’est bien fait avoir dans notre jeune temps quand on nous a envoyés à la chasse au dahut.

Rappelle-toi mon compagnon, notre chef scout, il nous avait expliqué longuement que c’était un animal fabuleux qui avait deux pattes plus courtes sur le même côté pour lui permettre de courir sur le flanc des collines.

Et nous, on s’était extasiés en trouvant que la nature fait rudement bien les choses … Ce mâtin de blagueur avait ajouté que, pour arriver à l’attraper, c’était point difficile du tout. Il fallait lui faire la chasse la nuit, et uniquement la nuit, car il détestait la lumière du jour. Il suffisait de partir à sa recherche sans faire de bruit et, quand on l’avait débournigé , de le saisir par les oreilles, et de lui faire faire demi-tour. L’animal devait se trouver ainsi déséquilibré et il ne restait plus alors qu’à le mettre dans un sac.

C’est quelques années plus tard qu’on a su que nous étions bien jac’-dalles de nous être fait avoir et que le dahut n’existait pas. Mais on avait bien ri avec cette invention-là …

Le Premier de l’An

Certaines coutumes étaient attachées au premier jour de l’année en Anjou.

Des personnes pas très riches en profitaient pour aller offrir leurs souhaits à chacun.

Ces visiteurs, que l’on nommait les guilanleus, par altération des mots : Au gui l’an neuf, recevaient des dons en nature. Principalement des denrées agricoles.

Dans certaines fermes, on pétrissait même spécialement pour cette circonstance et l’on donnait un pain à chaque arrivant.

La coutume se prolongeait parfois avant dans l’année, et les guilanleus étaient alors d’habitude des malheureux qui trouvaient ainsi un moyen efficace de mettre à contribution la charité publique.

Une variante : on voyait aussi des guilanleus porter chacun sur l’épaule une hampe de faux garnie à son extrémité d’une branche de laurier enrubannée. En remerciement des dons qu’ils recevaient, ils entonnaient des chansons spéciales pour cette occasion. Du genre de celle-là :

 » Vous qu’êtes à marier, cherchez dans votre poche si y a des sous marqués, à vous, maîtres, maîtresses, donnez aux guilanleus, mais donnez pour la Vierge, donnez d’un bon cœur…  »

 

BON CUL D’L’AN 

 

Tôpette